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Tout commence quelque part en Crète · épisode 9

La rentrée d’une Crétoise

Voilà, je suis prête. Assise à ma table, mon café à la main, prête à partager avec vous notre petit moment du dimanche. Et vous, votre café, il est prêt ? Un café grec (έναν ελληνικό, énan ellinikó), bien serré comme on les aime – vous savez, on en a longuement parlé par ici.

Ça y est. Les valises sont défaites, la maison a repris son souffle, et nous voilà à la rentrée (η επιστροφή, i epistrofí, le retour). Chaque année, c’est le même petit pincement : on quitte l’île, le soleil, la table de ma mère – et on retrouve la Normandie, la pluie fine, le cartable des enfants et le rythme qui repart.

Mais je vais vous confier quelque chose : la rentrée, je l’aime bien. Parce que c’est là que la maison (το σπίτι, to spíti) se remplit à nouveau, que la famille (η οικογένεια, i ikogénia) se rassemble, et que la cuisine redevient le cœur de tout.

Ces valises toujours trop lourdes

Si vous ouvriez ma valise au retour, vous comprendriez tout de suite qui je suis. Il n’y a presque pas de vêtements. À la place : des bouteilles d’huile d’olive (το λάδι, to ládi) enroulées dans des serviettes pour ne pas qu’elles cassent, des sachets d’origan et de thym cueillis dans la montagne, un peu de sauge, des graines, parfois un pot de miel ou une part de fromage bien emballée.

Et toujours, glissé au dernier moment par ma mère pendant que je ferme le sac : quelque chose « pour l’hiver ». Elle ne me demande pas mon avis. C’est ça, chez nous, la générosité (η φιλοξενία, i filoxenía) : on ne laisse jamais repartir les mains vides. Alors ma valise pèse trop lourd, chaque fois – et chaque fois, ça me va très bien.

Herbes sauvages de Crète au pied d'un olivier
Les herbes sauvages de mon île – un peu de tout ça repart toujours dans ma valise.

La cuisine, notre point de ralliement

Une fois la valise vidée, il se passe toujours la même chose : je cuisine. C’est ma façon à moi de prolonger l’été encore un peu. On n’a pas envie de gros plats tout de suite – il fait encore doux – alors on reste sur ce que l’île m’a appris : des légumes, des herbes, un filet d’huile, une salade, des feuilles de vigne, du pain qu’on partage.

Chortopita maison, feuilletés aux herbes de Crète sur des assiettes bleues
De retour à la maison, je prolonge l’été dans l’assiette.

Et là, sans même le décider, tout le monde revient dans la cuisine. Les enfants qui racontent leur rentrée, les mains qui piochent, les histoires de l’été qu’on se répète encore. Parce que c’est ça que je crois vraiment : être dans la cuisine, c’est retrouver la famille. On y retrouve nos valeurs, nos racines, et cette façon de prendre soin les uns des autres sans avoir besoin de grands mots.

La Crète est loin, la Normandie est pluvieuse – mais entre les deux, il y a toujours cette table. C’est mon pont. Et tant qu’il y a une casserole qui chauffe et une odeur d’origan dans la maison, je ne suis jamais tout à fait partie de mon île.

Une belle nouvelle pour bientôt

Vous le savez maintenant : quand je reviens de Crète, je ne rapporte pas que de l’huile et des herbes. Cet été, j’y ai aussi laissé beaucoup de travail – un très joli projet qui a pris forme là-bas, entouré de personnes formidables. Je ne vous en dis pas plus aujourd’hui, un peu de patience (υπομονή, ipomoní) ! Mais restez près de moi : la nouvelle arrive très bientôt.

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que l’île me met au travail. Il y a deux ans, j’avais écrit de mes propres mains un petit livre sur le régime crétois – Les Grands Trésors de Crète : le régime crétois en 15 recettes – que vous pouvez encore retrouver sur le site du Prestige Crétois, en version papier ou en PDF. Décidément, la Crète et moi, on a une longue histoire de projets ensemble…

Entre nous : la rentrée, ce n’est pas la fin de quelque chose. C’est un bon début (καλή αρχή, kalí archí). On range l’été dans un coin du cœur, et on repart – avec des projets plein la tête et des herbes plein les placards.

De retour en Normandie, la valise vide mais le cœur plein de Crète.

Et vous, qu’est-ce que vous rapportez toujours de vos vacances – ce petit quelque chose qui prolonge l’été encore un peu ?

Gardez votre place à ma table : abonnez-vous à ma newsletter « Tout commence quelque part » pour être les premiers au courant de ma belle nouvelle – et passez aimer ma page Facebook, c’est là qu’on se retrouve entre deux dimanches.

Crétoisement vôtre,
Maria

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